entremêlements

27 novembre 2011

cela n'est pas assez

danaiderodin

 

J'en veux encore.
Tes cheveux sont en pluie, ton corps est en fléchissement, rompu, sucé, abattu, tu n'en peux plus. Ton souffle puise au profond, comme une aspiration qui a besoin d'aller chercher au très loin l'air frais qu'il nécessite. Vivre encore, vivre après. La vie épuise. Le corps, le sexe, l'amour. Je te veux.
Encore.
Ta nuque docile, longue, en colonne, ton rideau de noirceur cachant ton visage très doux, tes lèvres rosies et tes yeux verts, ton miroir de femme, tes hanches qui se rappellent, cette féminine animalité, cet impérieux besoin de les emplir, ton dos tendu et fourbu de l'animal de trait, la bête, et tes courbes tellement pleines de la femme que tu es, deviens. Viens, encore, viens, de ton sexe fendu, de cette nature ouverte sur le mystère et les entrailles, de ta félure, je ferai une sculpture, de l'art, ton étincelle du divin. Déesse. Te voilà, tu l'es, presque. Je le savais. Danaé.
Viens, je n'ai pas fini ma grand oeuvre. J'arrive... tu le sais, je suis toujours là, je cherche, je cherche.

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11 novembre 2011

fendille toi

Tu l'es, fendue, tu n'ouvres jamais assez cet espace qui te sépare, tu endors trop souvent tes caresses dans un coussin secret, laisse, laisse, je regarde, je vois, le monde comme de l'incroyable, je vise, ouvre, déchire, élargis, c'est toi qui est entièrement là, nue au plus profond.
Ouverte. Je suis devant, derrière. Le corps est un mystère, mon désir est une baïonnette, j'entrerai là où jamais personne n'a pu entrer. Au dedans de ton cul, au dedans de ton âme. Je saurai, te verrai enfin, seul visage de la féminité, celui que tu te donnes, seule à seule. J'y atteindrai. Fendille-toi !

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28 octobre 2011

désir que sais-je ?

Le désir, une façon de mettre un pied toujours devant l'autre. Ne pas mourir, Pro-jet.

Le désir n'est pas l'envie. L'envie pourrait se vivre seul, nous le faisons. Envie de manger, envie de pisser, envie de dormir.

Je te désire et tout change alors, ce n'est plus j'ai envie. Te. Tout est là. Rencontre, consumation, désir d'un autre. En ce sens le désir n'est pas plus féminin que masculin, il est des deux bords, le même.

Manger, ne pas manger, absorber, ne pas se laisser prendre au jeu, éviter, dévorer la bouche qui dévore, plus grand, plus haut. Il y a dans le désir l'envie que l'autre soit en soi. En vous aimant, madame, je vous veux, en mon intime, je vous laisse me pénétrer, m'envahir l'espace d'une jouissance. Je vous accueille.

Tous féminins. Mais l'homme ne le sait pas bien. Il doit mimer l'acte et se laisser pénêtrer d'une âme intrusive, au moment même où il pénêtre la femme qui le serre.

Echo, ton désir est-il de résonner en une forme d'homme ?

Mon désir puissant est de connaitre.

 

 

 

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23 octobre 2011

par ta fenêtre

Mon regard est fait de mots
Il taille il sculpte il digère
Toujours à pétrir la chair
Mon regard est un couteau

Par la fente que tu laisses
Mon oeil entre à l'intérieur
Il vit là comme un ailleurs
qui bat au creux de tes fesses

Je t'écris ce que j'y vois
et j'invente tout le reste
Mes mots sortent de ma veste
puis ils filent comme doigts

Ton intime est mon pays
Et la clef en sont mes lettres
Dévoilée de tout ton être
Tu bien aimée me souris

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19 octobre 2011

je t'écrie (encore)

Tu m'attends, du bout des doigts, tu espères.
Je suis au bord, je t'écrie, seul, en silence, dans la nuit qui m'enveloppe, pas un bruit, je t'écris. Tu m'entends.
Nous sommes en espérance des soupirs, nous attendons le moment. Celui d'après le dévalement du langage, celui qui vient quand le monde ne nous touche plus, quand le réel n'a plus de possibilité de tangence, quand nous inventons le monde qui nous crée, enfouis dans la bulle sensible, le sexe de l'un de nous, le sexe de l'autre, reliés.
Je t'écrie, pour ce que tu es au moment où tu me lis. Les mots dépassés nous viennent d'où ? Nous sommes au delà, le corps supérieur se tait, le centre se fait tout.
Tu me lies. Tout ce que je dis est un enchainement. Jusqu'à l'extase ancienne.
Je n'ai pas de culture, sais-tu ? C'est ma nature d'homme ayant absorbé ta nature de femme.
Et là, je t'écrie...

Posté par joueurdeflute à 05:53 - Commentaires [1]

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16 octobre 2011

tu me lis

Je t'ai écrit, d'un doux phrasé, long, mélodieux, que j'allais te clouer, trouer, te punaiser, te pneumatiser, d'un geste long, d'un ahanement mélodieux, une musique de mes mains qui caressent, trophée sur mon espace ouvert, te faire une fois encore femme.
Tu me lis et ton doigt le long de mon écriture serrée suit ma pensée. Il se prépare à tourner chaque page, humidifié, allongé et fou. Il sait déjà ce qui viendra, ce que je te dirai, ce que tu subiras en ton intime sentiment. Tu me suis.
Je t'ai écrit. J'aime t'écrire. Tu sais me lire. Je t'imagine.
Tu as en main ma lettre comme une envolée. Je te parle et tu me laisses, m'écoutes. Tu es là, ton pli se fendille, le sourire te vient aux lèvres. Mignonnes, elle sont mon ultime souvenir, ce qui me vient de toi quand je m'allonge, fermant les yeux, humant le bonheur, sentant de mes papilles le sucré, le salé, les profondeurs de ton acide, les volutes enrubannées de tes entrailles, l'exhalaison de toi, le doux papillotement de ta pliure, l'envers de ton corps.
Tu me tiens comme dans l'esprit tu me tiens, l'amour est ici, physique et irréel. L'amour que je te fais, dont tu me barbouilles, m'enveloppes, l'amour de tous tes pores, de tous mes mots. Je suis entre tes mains. Lis moi, vas-y. Ne t'arrête pas, lis moi, de ta langue, de tes mains, de tes hanches, de ton cul. Lis-moi. Je suis ici, en de pauvres mots, tout pour toi.

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11 septembre 2011

le souffle qui se tait

Resplendir de ne rien dire,  juste se taire et écouter, le mouvement, moi dans tes hanches, mon surgeon en cours, au travail, allant et revenant, filant, refilant, tressant sans trève ce qui te rendra femme, ta sublime indifférence, celle qui souvre et s'étoile au berceau de mon désir. Le mouvement et toi qui crignardise, toi qui ahane mon nom de paradis, toi qui monte un cran après l'autre, souffle sans verbe, aha aha uuui, ha hé, rrrrre, i, viens.

Le souffle m'obsède, je l'entends, toi sur moi, toi sous moi, ou ta bouche en arrogance à la livrée de ma nudité, toi qui me pèle et me taraude, vis comme un poussoir, sans fin et aspirant.

Je viens, bien sur que je viens, je viendrais toujours pour toi. Je serai là. Sans rien dire, dans le silence de mon délire, écoutant, simplement, profondément la folie te gagner, extase vive, muette, sans mot. Le mot n'est plus, le langage est défait. Nous sommes avant.

L'animal. Je suis un loup qui te fendille. Je te pourfendrai, diane des jours heureux, je taillerai dans la chair, dans ton con, dans ton entrée, ta fenêtre, ta cheminée. Père noel sans cadeau.

Le silence ici est d'or, tu ahanes, tu viens. Tu danses, je crois. Je te vois, je te sais, tu tortilles des fesses en bataille, tu serpentes du ventre, tu vibrionnes des seins, tu m'appartiens en intérieur.

Tu ne dis plus rien. Moi non plus. Vide. Mots secrets, sperme lettré, le roman de toute ma présence à tes côtés, à tes pieds, en ton ventre, en ta vulve.

Ton souffle enfin se tait.

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26 juillet 2011

Les amours sont comme les empires: que disparaisse l’idée sur laquelle ils sont bâtis, ils périssent avec elle.
L’insoutenable légèreté de l’être (1984)
Milan Kundera



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22 juillet 2011

homme trop homme

l'écriture est une régulation des pulsions, remède et poison alors.

Posté par joueurdeflute à 19:22 - Commentaires [0]

Et si tu étais nue ?

En serais tu plus jolie ?

Oui, bien entendu, à la condition imaginée que tu sois dans mes bras, serrée si près, très fort, touchée, pelotonnée, enveloppée, à tel point collée que je ne puisse plus que t'inventer en une image d'ensemble perdue. Ce sont mes doigts qui te parcourront, mes mains qui te verront, moi je ne verrai plus, rien.

A trop vouloir connaitre on ne connait plus rien, ou on connait autrement.

Placez-vous, messieurs sur votre belle dénudée, allongé, sa tête dans vos mains, le nez collé au nez, nus tous deux et vous verrez enfin votre fantasmatique hirondelle loucher de ses trois yeux, sourire la bouche au niveau des narines, les sourcils en dissymétrie, faisant la guerre l'un à l'autre, la peau grise ou rouge, un portrait sens dessus dessous. Comment croyez vous que soit né le cubisme ? Dans l'acte d'amour, le baiser, les coups de hanches et le halètement.

Tu es jolie, je le sais, je te le dis. Tu es un modigliani, une pimprenelle giacometti, une si belle femme de tes grands yeux, ta bouche immense, ton air espiègle et en détresse, ta fine machoire, ton doux menton, tes cheveux en pluie. Toujours aussi jolie, au milieu des sauvages, des aborigènes, dans des décombres, au devant des guerres, sous des tentes de douleur. Belle partout, emportée par ton désir généreux. Et moi, je t'imagine, nue, seule, devant moi, grande, timide qui sait, les mains en croix sur un sexe fragile, les seins pétillants, le regard posé, fier. Viens, je te picassinerai, dans mes grandes mains, mes doigts pinceaux, mon oeil de pauvre artiste. Viens. Je te ferai toile. Tu seras nue. Tu seras moi le temps d'un amour long, au profond des prés salés.

 

Posté par joueurdeflute à 01:07 - Commentaires [0]

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